Un salarié sur cinq est physiquement et psychiquement
épuisé par son travail en Europe, et les Belges figurent parmi les plus
stressés, selon une enquête réalisée en ligne auprès de plus de 21.000 personnes.
Comment expliquer la montée en puissance de ce malaise aux contours troubles et aux symptômes banalisés ? Cet épuisement est-il une fatalité ou peut-on y échapper ? Réponses et explications.
Les ingrédients du burnout
Parmi les causes d’épuisement
professionnels les plus souvent évoquées, citons :
- un volume de travail toujours revu à la hausse, au nom de l’excellence, repoussant sans cesse les limites humaines, comme si elles n’existaient pas ;
- l’omniprésence de l’univers professionnel dans la vie privée grâce aux technologies IT : chacun peut-être joint, où qu’il soit et à tout moment, même au beau milieu des vacances, en plein apéro sous les tropiques…
- le manque de temps « relationnel » au travail pour cause de productivité se traduit parfois par une solitude extrême qui renforce l’anxiété ;
- une multiplication des informations à traiter en temps réel via e-mail, gsm, portable ou tablette;
- une culture de la réactivité « orientée client » obligeant à prendre des décisions rapides dans une certaine incertitude ou/et en étant en contradiction avec les procédures imposées…
Le règne absolu de l’urgence
Une des plus grandes sources
de stress réside dans l’accumulation de micro-urgences quotidiennes qui donne
l’impression de se noyer dans l’accessoire en négligeant ses objectifs
principaux. C’est la fameuse image de la vasque remplie de grosses pierres
auxquelles on ajoute des cailloux et, pour finir, du sable. Autrement
dit : si on remplit son agenda avec du gravier et du sable ou va-t-on
mettre ses priorités… De nombreux managers, quand ils sont lancés, ne prennent
pas garde aux signaux de stress. Pour utiliser
une métaphore sportive, disons qu’ils maintiennent l’allure d’un
sprinter de100m sur la distance d’un marathon.
L’hygiène mentale d’un manager
passe par l’adoption de techniques telles que la délégation, par exemple.
Quels sont les signes
avant-coureurs d’un stress aggravé ?
Lorsque le stress se
prolonge, des changements significatifs de comportement laissent normalement
savoir que quelque chose ne tourne pas rond.
Voici quelques signes
spécifiques :
- manque de joie, de spontanéité, de bonheur et d'enthousiasme;
- manque de tolérance envers les gens et état d'irritabilité, en particulier au cours de discussions ou de désaccords;
- manque de maîtrise des émotions, explosions de colère ou anxiété disproportionnées;
- difficulté de concentration ou incapacité à prendre des décisions simples;
- augmentation de consommation d'alcool et de drogues;
- impatience ou difficulté à être seul;
- maladies physiques fréquentes et difficulté à s'en remettre;
- cauchemars et mauvais rêves répétés;
- repli sur soi-même (liens coupés avec les amis et aucune participation à des activités sociales) ;
- essoufflement, étourdissement et palpitations fréquents;
- perturbation dans la structure du sommeil (se réveiller souvent pendant la nuit ou très tôt le matin);
- sensation d'impuissance et remarques cyniques;
- attitude pessimiste et incapacité de faire face aux événements de la vie ;
- perte de confiance en soi ;
- baisse de la motivation ;
- diminution de la créativité, de la mémoire ou de la concentration ;
- distractions fréquentes et inhabituelles et augmentation du nombre d'erreurs commises.
Le
saviez-vous ?
- Pourquoi le stress nous rend-t-il inefficace…
L’hormone
du stress, appelée cortisol, accède au cerveau en huit minutes. Elle commence
alors à affecter l’hippocampe, très actif au plan de la mémoire et de la
régulation des émotions. En observant ce phénomène, les scientifiques se sont
aperçus que lorsqu’une personne est exposée à long terme au cortisol, l’hormone
finit par modifier la capacité de l’individu à détecter et à négocier la
nouveauté, à affronter l’imprévisibilité et à avoir une notion de contrôle.
Comment échapper au burnout ?
Selon le psychiatre Herbert
Freudenberger, spécialiste du burnout, le seul moyen de prévenir cette « brûlure
interne », consiste à se centrer sur soi-même et à prendre contact avec
ses aspirations profondes.
Il s’agit de se poser les bonnes questions : « L'image que je
projette correspond-t-elle à la réalité? Il faut toujours faire attention de ne
pas se considérer comme un surhomme à qui le repos mental et physique est
inutile. Rappelons-nous que nous sommes
toujours plus important comme humain, peu importe les responsabilités que
comporte notre travail. Un engagement professionnel positif s'exprime par un intérêt vif dans la tâche qui
nous incombe mais aussi par un certain détachement émotionnel.
Pour utiliser la métaphore
de la voiture: que se passerait-il si vous ne teniez pas compte des clignotants
de contrôle du tableau de bord vous signalant l’urgence de remettre de
l’essence, d’aller à l’entretien, etc...Progressivement, des techniques comme le coaching permettent de mieux se gérer, de reprendre le
contrôle de soi-même dans une optique de self management : avant de
pouvoir gérer les autres il faut pouvoir se gérer soi. Quand on est dans le
« rouge », on n’a pas grand-chose à donner aux autres sinon du stress,
de l’agressivité ou du cynisme.
Quelques conseils abordables pour un « mieux-être »
rapide
- Prenez rendez-vous avec vous-même au moins une demi-heure par jour, envers et contre tout. Pratiquez la marche ou le jogging. Ce temps « pour vous » vous fera prendre du recul et évacuer les tensions avant qu’elles ne se transforment en anxiété.
- « On est ce qu’on mange » : mangez sain est une condition sine qua non pour prétendre à l’équilibre et à la sérénité.
- Prenez le temps de la convivialité avec vos collègues, vos collaborateurs. Les équipes qui fonctionnent bien ont toute un point commun, elles organisent des rendez-vous régulier pour échanger et discuter de manière formelle ou non.
Le
saviez-vous ?
- Comment différencier burnout et dépression ?
Après
quinze années d’études, les chercheurs ont réussi à trouver des différences patho-physiologiques
importantes entre les personnes qui souffrent d’épuisement professionnel et
celles qui souffrent de dépression : les individus qui souffrent de burnout ne
produisent pas assez de cortisol, comme si le corps décidait de faire la grève
; à l’inverse, ceux qui souffrent de dépression en ont trop.
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