dimanche 3 mai 2015

Ne confondez pas autonomie et solitude


Parce que vous êtes un être social, dès que vous naissez, et même avant, vous agissez sur les autres et ceux-ci agissent sur vous. C’est cette interaction qui fait que vous vous développez harmonieusement ou non. Ce qui vous motive à entrer en relation avec les autres, c'est essentiellement la recherche de satisfactions affectives que l'on appelle « signes de reconnaissance ».
 
Un signe de reconnaissance est une unité d'attention envers une personne, « tout acte impliquant la reconnaissance de l'autre », par exemple :  

-   un bonjour, un sourire, un regard

-   une écoute attentive, une invitation

-   un compliment, un encouragement

-   une accolade, un baiser



  • Tout être humain a un besoin fondamental : celui d'être reconnu, accepté par les autres comme individu spécifique, celui de voir la réalité de son existence confirmée par les autres. Les signes de reconnaissance sont en quelque sorte des calories psychologiques, aussi indispensables à notre structure psychologique que les calories le sont à notre organisme. Nous  cherchons des signes de reconnaissance et structurons notre temps en fonction de cette recherche.

  • Puisque notre besoin fondamental est d’obtenir des signes de reconnaissance, nous nous arrangeons donc (plus ou moins consciemment) pour faire ce qui nous en fournira le plus. Nous nous intégrons à des structures, des réseaux (travail, église, club) afin d’en recevoir.

Ø 
  • Chacun de nous est seul de temps en temps. Mais c’est le sentiment de solitude extrême, d’abandon qui est un symptôme de mécanisme d’échec. La solitude est un moyen d’auto-protection. Les lignes de communication avec autrui - et en particulier tous les liens émotionnels - sont rompus. La personne solitaire a peur des autres. Ce phénomène s’explique par le fait que beaucoup considèrent encore  l’angoisse comme un signe de faiblesse, une preuve qu’il ne parviennent pas à faire face à leur travail. Ils ne sont donc pas très enclins à parler de leurs problèmes. Ou bien ils les banalisent en affirmant haut et fort qu’ils peuvent se débrouiller seuls.

  • Pour certains, le conjoint représente le seul soutien et refuge, avec le risque toujours présent de voir les problèmes professionnels mettre en péril les relations conjugales. Car ce ne sont pas alors seulement des problèmes supplémentaires qui viennent s’ajouter aux problèmes de boulot mais c’est surtout le seul point d’appui qui s’effondre.

  • Un exercice consiste à imaginer votre vie comme une scène (représentée par un cercle) et de découper ce cercle en portions correspondant au temps passé dans différents domaines. Une fois ce travail fait, répondez à ces 4 questions: 


1. Quels signes de reconnaissance est-ce que je reçois dans chaque domaine de ma vie? 
2. Qui est-ce (ou qu'est-ce) qui semble diriger mon histoire personnelle et me dicte le pourcentage de temps à passer ici ou là (le besoin de gagner ma vie, le plaisir de rencontrer des amis, etc.)? 
3. Quelle partie du cercle, quelle scène, me procure le plus de signes de reconnaissance ? 
4. Dans quelle partie du cercle est-ce que j’entrevois dans un proche avenir de développer ma quête de signes de reconnaissance ?








Se donner des permissions



Appréhender les problèmes avec sérénité, c’est aussi prendre conscience des contraintes de l’enfance qui dictent parfois, à l’excès, nos comportements. L'analyse transactionnelle met en évidence l'existence, chez tout individu, d'une "décision de survie", plan non réflexif mais bien réel, adopté généralement avant l'âge de six ans. Cette décision et le plan choisi pour l’appliquer proviennent des différents messages permissifs ou inhibiteurs envoyés par les parents de façon verbale ou non verbale.



Parmi toutes les influences issues de l’enfance, on peut citer notamment cinq messages contraignants. Chaque lecteur peut s'interroger sur le(s) message(s) au(x)quel(s) il obéit ! Pouvoir repérer chez soi et chez les autres ces différents messages structuraux permet de lutter contre la méconnaissance (de soi, des autres et de la situation) engendrant diverses formes de passivité , d’agressivité et de jeux psychologiques.



La croyance de base du "Fais Plaisir", c'est que toute tâche, toute réalisation, doit procurer du plaisir à quelqu'un d'autre. Le Fais Plaisir est anxieux de l'approbation des autres en toutes circonstances, et est extrêmement prudent quand il formule une critique de peur de blesser ; il a besoin de beaucoup de signes de reconnaissance, d'être responsabilisé, stimulé...



La croyance de base du "Sois Fort", c'est que l’expression des émotions est un handicap et non un moteur. Le Sois Fort prend sur lui, ne se plaint pas et méprise tout signe de faiblesse (chez lui comme chez les autres) tout en vivant dans la crainte de ne plus pouvoir faire face. Droit sur la passerelle, il saura couler avec le bateau…



La croyance de base du "Essaye encore", consiste à ériger la difficulté en vertu. Essaye encore a donc tendance à trop agir, rendant les choses plus difficiles qu’elles ne sont. Ils se justifient davantage dans l’effort que par les résultats.



La croyance de base du "Dépêche-toi", c'est qu'une action accomplie en un court laps de temps possède de ce fait une mystérieuse vertu supplémentaire, compte non tenu de la qualité du travail effectué !



La croyance de base du "Sois Parfait" enfin, c'est que toute tâche, toute personne, tout produit, toute phrase, peuvent être évalués sur une échelle allant de bien à mal. Leur perfectionnisme freine leur décision, les met en retard et les empêche de prendre  du recul.





Source :

« Les outils de base de l’analyse transactionnelle », Dominique Chalvin, ESF Edition


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