En entreprise comme sur un champ de bataille, la
réussite des objectifs exige une vigilance sans « à peu près ». Les événements anodins en apparence, peuvent
avoir de lourdes conséquences. Les plus grands responsables, Napoléon lui-même,
l’ont appris à leur dépend. Comme en témoigne l’issue de la bataille de
Waterloo.
Communications bâclées, collaborateurs inadéquats,
manque de coordination et de réactivité… La liste des erreurs commises par
Napoléon et son état major à Waterloo est longue. Elle annonce la défaite des
armées françaises mais pourrait tout aussi bien préfigurer les difficultés
d’une équipe ou d’une entreprise.
Les managers dans les pas de la grande armée
Gérer une entreprise ou gérer une armée, c’est
avant tout diriger des hommes pour atteindre un objectif commun.
La défaite de Napoléon à Waterloo résulte d’une
succession de défaillances humaines à l’origine de nombreuses erreurs
tactiques. Les leçons à tirer des forces et faiblesses des belligérants ont
traversé le temps sans prendre une ride. A commencer par la gestion du stress,
par exemple, qui est au cœur de la défaillance du commandement français.
Le 18 juin 1815, Napoléon est un chef surmené
La stratégie de Napoléon à Waterloo avait des
chances non négligeables de réussir. Il s’était confronté avec succès à des
configurations plus risquées dans le passé.
En quoi la bataille de Waterloo est-elle
exemplaire ? Elle est l’exemple de la faillite de quelque chose qui avait
toujours bien fonctionné et qui, tout à coup, ne marche plus. La première cause
de cette défaite réside dans l’état de fatigue et de stress de Napoléon. A l’aube de la bataille, Napoléon ne dort quasiment plus depuis cent
jours. Il est d’ailleurs amené sur les lieux en calèche. A la différence de ses
adversaires coalisés, il a également des responsabilités politiques, en plus de
sa charge militaire. Les enjeux sont tels qu’il est dans une logique de type
« ça passe ou ça casse ».
Un état major laissé à lui-même
A l’aube de la bataille de Waterloo, les maréchaux
et généraux français ont la conscience troublée par les déloyautés inhérentes
aux récents changements de régime. Le leadership opérationnel laisse à désirer.
Napoléon laisse faire, ne vérifie pas si ses ordres sont bien reçus, compris et
exécutés. Résultat : un nombre incalculable de blocages ou d’initiatives
malencontreuses ou exagérées. Une incurie qui amènera, par exemple, Grouchy à
camper sur ses positions malgré la nouvelle configuration de la bataille et qui
conduira son frère, Jérôme Bonaparte, à s’acharner à Hougoumont au lieu de
simplement retenir l’ennemi, mobilisant ainsi inutilement ses forces.
Conséquences plus globale de ce manque de vigilance : un « flottement »,
un retard généralisé de toute l’armée, dès le début de la bataille qui
permettra au camp adverse de feinter ou de reprendre son souffle à plusieurs
reprises.
Lorsque le top management n’est pas sur une même
longueur d’onde et ne fonctionne pas en symbiose, ses dysfonctionnements
irradient inévitablement sur le reste des troupes. A Waterloo, à la différence
de ce qui se passe en entreprise, les « cafouillages » du
commandement se sont payés comptant.
Une erreur de recrutement aux conséquences
incalculables
Autre explication déterminante de la défaite de
Napoléon : il engage, pour des raisons hiérarchiques, un chef d’état major
qui, malgré d’indéniables qualités militaires, n’a pas les compétences requises
pour ce poste et cette mission. Ses manquements auront de lourdes conséquences.
Au lieu des cents hommes nécessaires pour acheminer les ordres de Napoléon, il
n’en dépêche qu’un ou deux. Certaines directives capitales ne parviennent pas à
leurs destinataires ou le font avec retard.
Des coalisés mobilisés à 100%
L’issue de la bataille de Waterloo s’explique par
les erreurs de Napoléon et de l’armée française mais aussi par la force et
l’habileté des coalisés.
Wellington a appris à connaître et à déjouer les
stratégies offensives de Napoléon en excellant dans les mouvements défensifs.
Il exploite ainsi au maximum la configuration géographique des combats et les
gens qu’il a à sa disposition. Pour faciliter la transmission d’information
entre les états majors, un poste de « coordinateur », d’émissaire
polyglotte est créé. A la différence du camp français, la communication des
ordres aux troupes bénéficie d’un important dispositif de messagers. De plus, la coalition entre prussiens,
anglais, néerlandais et les autres unités intégrées est soudée par un même
intérêt et un même objectif : arrêter l’empereur. Une détermination qui
s’avérera victorieuse, malgré les différences de langue et de culture des
alliés.
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