Devinez qui vient dîner ce soir chez
vous ? Erwin, votre directeur. Oui, celui qui n’hésite pas à vous
appeler à tout bout de champ pour vous refiler en urgence toutes sortes de
travaux qui n’entrent pas dans vos attributions ; Alice, votre assistante
qui lève les yeux au ciel chaque fois que vous lui demandez une photocopie et Philippe qui fait chaque jour escale dans votre bureau pour vous
raconter ses déboires en tous genres. La liste des invités ne vous plaît pas ?
Et pourtant, savez-vous combien de fois vous avez déjà assis ces fâcheux autour
de votre table ?
Si l’on en croit la chroniqueuse Barbara Mackoff, notre vie privée fait trop souvent les frais de nos saturations professionnelles. D’après l’auteur, il ne s’agit pas d'une fatalité et chacun peut, s’il le souhaite, améliorer sa qualité de vie après le travail. Voici quelques réflexions et autres recommandations pour éviter de transformer votre « home sweet home » en succursale du bureau.
« J’aimerais bien lire mon journal en PAIX ! »
Si l’on en croit la chroniqueuse Barbara Mackoff, notre vie privée fait trop souvent les frais de nos saturations professionnelles. D’après l’auteur, il ne s’agit pas d'une fatalité et chacun peut, s’il le souhaite, améliorer sa qualité de vie après le travail. Voici quelques réflexions et autres recommandations pour éviter de transformer votre « home sweet home » en succursale du bureau.
« J’aimerais bien lire mon journal en PAIX ! »
Une étude
américaine a montré que les cadres et employés manifestent davantage d’intérêt
et se comportent avec plus de politesse à l’égard de parfaits étrangers qu’avec
les membres de leur propre famille. Avant de hausser les épaules et de penser
que cela ne vous concerne en rien, posez-vous ces quelques questions.
- Passez-vous la plupart de vos soirées en famille soit à vous plaindre de votre travail, soit à vous vanter de vos prouesses ?
- Vous arrive-t-il de penser que vous avez le droit de vous comporter comme bon vous semble chez vous, de ne pas vous raser ou de manifester votre mauvaise humeur à votre entourage ?
- Est-ce que vous montrez le meilleur de vous-même à votre patron, à vos collègues et à vos clients, réservant les manifestations de votre stress et de votre énervement à votre famille et à vos intimes ?
- Avez-vous ajourné ou annulé récemment un voyage ou une sortie avec un proche au moins deux fois pour des raisons professionnelles ?
- Pensez-vous
que les tensions dues à vos responsabilités professionnelles sont justement sur
le point de se tasser ?
Déléguez
vos soucis à votre subconscient
Vous êtes sans doute persuadé que pour arriver à résoudre la montagne de dossier qui encombre encore votre bureau après votre départ, il faut que vous gardiez votre esprit braqué dessus, ce qui vous empêche de passer une bonne soirée et fait dire à votre entourage que vous avez l’air absent ?
Essayez de
vous souvenir : combien de fois avez-vous décidé de dormir sur un problème
épineux pour vous réveiller le lendemain avec la solution ? Il s’agit de
vous dire : je ne veux plus y penser maintenant mais pendant que je me
détends ce soir à la maison, ou pendant que je dormirai cette nuit, je vais
laisser mon subconscient décanter le problème.
Souvenez-vous
que cette technique ne donne de résultats que si on a la foi du charbonnier.
Alors, préparez-vous à recevoir la « révélation » en vous brossant
les dents, ou sous la douche ; à trouver des idées audacieusement
créatrices en faisant votre gymnastique ou en allant au bureau.
Demain
est un autre jour
A
l’approche de l’heure fatidique où vous devrez rentrer chez vous, vous
ressentez peut-être au creux de l’estomac une espère d’angoisse à la vue de
tout ce travail empilé sur votre bureau et qu’il vous faut remettre au
lendemain. Faites fondre cette angoisse en la transformant en listes
spécifiques.
Recensez
toutes les tâches que vous aurez à accomplir le lendemain. Classez-les par
catégorie, puis jetez-y un coup d’œil. Y en aurait-il que vous pourriez
déléguer (ou renvoyer à l’expéditeur…) ? Ou d’autres qu’ils vous serait
possible d’entreprendre un peu plus tard dans la semaine ? Pour finir,
assignez une date de priorité à chacune de ces tâches et l’heure la plus
propice pour vous y atteler.
Secouez-vous,
secouez-vous
A la fin
d’une rude journée de travail, vous pouvez vous sentir trop fatigué pour faire
de l’exercice. Vous pensez que vous ne trouverez jamais l’énergie
nécessaire et que si vous vous y forcez,
vous quitterez la salle de sport sur une civière.
Mais
souvenez-vous qu’un certain nombre de sensations que vous rattachez à la
fatigue ne sont que le résultat d’une accumulation de tension due à
l’obligation de refouler l’élan primaire du dilemme « fuir ou
« combattre ». Votre corps se ressent de toute une journée de
tensions inexprimées. De plus, vous avez probablement passé plusieurs heures
assis et maintenant votre organisme fonctionne au ralenti. Quand vous faites de
l’exercice, vous secouez toute la léthargie qui vous a envahi et vous donnez un
autre rythme à votre corps. Cette libération d’énergie provoque une sensation
d’euphorie.
Souriez,
vous êtes chez vous !
Le fait de
rentrer chez soi suppose une procédure de ralentissement mental. Le plus
difficile, c’est de passer du rythme de vie trépidant du bureau à une soirée
paisible à la maison. Pour y parvenir, essayez de ne pas appliquer le même
style d’organisation et de discipline au travail et à la maison. N’accordez pas
à chaque événement banal de la vie de
tous les jours le degré d’attention, d’urgence et d’exigence intense que vous
accordez à votre travail.
Sur
une feuille, dressez une liste des "Il faut" qui vous incombent. Par
exemple : « II faut tondre la pelouse », « Il faut mettre de
l'ordre dans la pièce », etc.
Ensuite, indiquez sur une échelle de 1 à 4 l'importance relative des différents énoncés qui se trouvent sur votre liste:
1) II faut absolument
2) Il faut vraiment
3) Il faut bien
4) Il faut plus au moins
Reprenez votre liste en examinant si les "Il faut" proviennent surtout de vous ou de l'extérieur. Exemple: Il faut mettre de l'ordre dans la pièce parce que cela vous ferait plus de place ou pour éviter que les autres pensent que vous êtes désordonnée.
Montrez vos résultats à votre conjoint et confrontez vos différences de perception.
Ensuite, indiquez sur une échelle de 1 à 4 l'importance relative des différents énoncés qui se trouvent sur votre liste:
1) II faut absolument
2) Il faut vraiment
3) Il faut bien
4) Il faut plus au moins
Reprenez votre liste en examinant si les "Il faut" proviennent surtout de vous ou de l'extérieur. Exemple: Il faut mettre de l'ordre dans la pièce parce que cela vous ferait plus de place ou pour éviter que les autres pensent que vous êtes désordonnée.
Montrez vos résultats à votre conjoint et confrontez vos différences de perception.
Reprenez
une autre fois votre liste et demandez-vous si vous pouvez remplacer
certains"Il faut" par "j'ai envie". Cela risque de modifier
sensiblement votre attitude lors de l'accomplissement de la tâche.
16h30 :
l’heure du pilote automatique
Voici un autre
type d’approche qui vous aidera à ralentir la cadence sur le chemin
psychologique qui vous mène à vos pénates.
Evitez d’exécuter le travail le plus exigeant de
votre programme à la fin de la journée. Vous risqueriez de transporter votre
fébrilité avec vous et de la ramener à la maison. En revanche, consacrez votre
dernière heure de travail à la tâche la plus simple de votre journée. Par
exemple, utilisez les trente dernières minutes pour répondre à vos appels
téléphoniques, feuilleter vos brochures professionnelles, faire vos
photocopies, répondre à vos mails, ranger vos tiroirs ou nettoyer votre bureau.
Ces activités paisibles constituent d’excellents moyens de détourner votre
attention du travail pour la fixer sur la perspective d’une soirée tranquille à
la maison.
Le pire
n’est jamais certain
Il nous
arrive à tous de revenir du travail possédé par la crainte d’un échec ou d’une
calamité prochaine, écrasés sous le poids insupportable d’angoisses
informulées. Dans ce cas, imaginez vous vivant une des pires aventures qui
pourrait vous arriver dans un futur prochain ou immédiat. Imaginez-vous, par
exemple, arpentant la ville désoeuvré et solitaire. Dès que vous mettez un nom
sur vos angoisses muettes, vous les dépossédez de leur pouvoir, simplement
parce que vous vous forcez à constater vos propres exagérations, la distorsion
de vos projections en ce qui concerne votre avenir.
Les
vertus de la paix négociée
L’une des
raisons pour lesquelles la plupart des gens restent au bureau après les heures
de travail est le besoin de solitude. A la maison, demander un peu de temps
pour soi devrait se négocier de façon très délicate. Bien sûr vous avez le doit
d’être laissé à vous-même pour un petit moment quand vous rentrez le soir. Mais
ce répit il faut savoir le « mériter ». Annoncez à votre conjoint et
à vos enfants que vous êtes content de les voir et que si vous désirez être
seul pendant un moment, c’est pour être capable de mieux les apprécier par la
suite.
Avant de
vous lancer dans le compte rendu des faits saillants de votre journée, il
serait peut-être bon de vous demander si vous souhaitez vraiment revivre ces
expériences. Si tel n’est pas le cas, il est nécessaire que vous manifestiez
votre besoin de silence avec gentillesse et fermeté. Mais attention : il
ne faudrait pas que votre mutisme soit interprétée par vos proches comme de la
cachotterie, un manque de confiance ou un refus d’exprimer vos émotions. Voici
deux types de réponse qui vous aideront à sauver la mise :
Question :
comment s’est passée ta journée ?
Réponse :
Crevant. Je préfère l’oublier complètement.
Question :
comment as-tu passé ta journée ?
Réponse :
Décevant ; je ne veux même pas y penser une seconde de plus ce soir.
Si vous
passez à table
Pendant que
vous réfléchissez au résumé de votre journée, utilisez la formule éculée mais
toujours efficace de la bonne et de la mauvaise nouvelle. Posez-vous la
question : « Quelle est la pire chose qui m’est arrivée
aujourd’hui ? Quelle est la meilleure ? Soyez prêt à annoncer deux
types de nouvelles. Coupez et éliminez les termes tels que toujours et jamais.
Ces mots sont de nature à frapper fortement l’imagination. El les disant, il se
peut fort bien que les choses prennent immédiatement à vos yeux une tournure
bien pire qu’elle n’est en réalité
Références :
« L'ergomanie,
l'obsession du travail », Killinger
Barbara, Quebecor.« Comment décrocher : plus de 100 techniques pour oublier le bureau », Barbara Mackoff, Le Jour Editeur
« L’Art de ne pas travailler », Ernie Zelinski, Editions d’Organisation
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