L’évaluation annuelle est bien souvent redoutée ou considérée comme une formalité vidée de toute substance. Bien préparé et bien mené, l’entretien d’appréciation annuel peut pourtant devenir un outil de management particulièrement efficace. A condition d’en mesurer les vrais enjeux et de mettre en place un système cohérent.
Première étape :
fixer les objectifs
· Les salariés déplorent le manque de clarté de leurs
objectifs : « C'est comme rouler à toute vitesse sur l'autoroute
et tomber soudain sur une nappe de brouillard. Vous ralentissez et continuez à
rouler lentement. Pourquoi ? Parce que vous ne pouvez pas voir. Quand le
brouillard se dissipe et disparaît, vous accélérez de nouveau. Quelle est
l'unique chose qui a changé ? La visibilité . Au travail, quand vous ne
savez pas où vous en êtes ni où vous allez, votre productivité
baisse ». Tout le processus d’évaluation commence donc par un premier
entretien consacré à la fixation des objectifs, généralement sur six à douze
mois. C’est fastidieux mais indispensable.
· L’énoncé des objectifs doit être précis sinon gare aux
polémiques. Demandez à votre équipe de « développer une culture
qualité » et ils seront à coup sûr dans le brouillard. Qu’en est-il des
moyens, des outils, des délais et surtout des résultats. Un objectif doit être
spécifique, mesurable, attrayant, réalisable et limité dans le temps.
· N’oubliez pas non plus de préciser avec vos
collaborateurs quels critères d’appréciation leurs sont appliqués, cela diminue
leur stress au moment de l’entretien. Il s’agit de fixer deux séries
d’objectifs : de compétences (par exemple maîtriser l’espagnol avant la
fin de l’année) et de performances (atteindre un chiffre d’affaires d’un
million d’euros dans les 6 mois).
Deuxième étape :
assurer le suivi des objectifs
Six mois après on s’assure que ces objectifs restent d’actualité et peuvent être atteints sinon le manager et son subordonné les modifient. A ces rendez-vous semestriels, certains préfèrent un status en ligne à l’aide d’un formulaire adhoc.
Troisième étape :
évaluer le travail accompli
L’entretien d’évaluation proprement dit à lieu en général au cours du dernier trimestre. C’est avec ces objectifs sous les yeux que vous allez le mener.
L’entretien d’évaluation proprement dit à lieu en général au cours du dernier trimestre. C’est avec ces objectifs sous les yeux que vous allez le mener.
· Les spécialistes conseillent de démarrer en annonçant
brièvement le déroulement de l’entretien. Vient ensuite l’auto-évaluation du
salarié puis votre avis à vous et un débat autour des points forts et des
points d’amélioration de votre collaborateur en évoquant d’éventuels soutiens :aides
et formations ; la discussion sur les objectifs à venir et enfin la
conclusion de l’entretien.
· Le contenu de la discussion devrait porter à 70% sur
des critères de compétence liés au métier (connaissances techniques,
polyvalence…) et à 30 % sur des critères comportementaux (capacités
relationnelles, d’encadrement…). Pour évaluer la capacité d’encadrement, on se
fiera notamment à l’aptitude à fixer des objectifs, à informer ses
collaborateurs, à déléguer…
· Pour être valable, l’évaluation reposera sur des
chiffres et des faits concrets. Cela permet de d’éviter les jugements à
l’instinct, au pif du genre : « Je trouve que tu es plutôt en baisse
cette année, Yannick ». Votre critique sera beaucoup plus acceptable
formulée en ces termes : « Sur les 75 prospects que tu avais prévu de
démarcher, tu n’en as contacté que 50. Comment expliques-tu ce
décalage ? ». Des chiffres d’affaires, de réduction de coût ou
d’optimisation des ressources renforceront l’objectivité de l’évaluation et en atténueront la charge
affective.
· L’entretien peut aussi servir à renforcer la
motivation de l’évalué : si vous êtes satisfait, exprimez-le sans faux
semblants. Mais une fois de plus, bannissez les formules creuses comme
« Anne, tu t’en es bien tirée cette année ! ». Essayez plutôt :
« Vu le taux de diminution des back orders , j’ai constaté que tu avais
dépassé les objectifs prévus ». Dans le même esprit, ne cherchez pas à
expliquer les échecs de votre interlocuteur
par des faiblesses ou des déficiences de personnalité.
· Pour noter un point faible, référez-vous
systématiquement à une référence précise. Par exemple, au lieu de reprocher à
un salarié son manque de proactivité en général, citez un cas concret où ce
manque d’initiative s’est manifesté. Analyser ensemble les causes des
problèmes et envisager des solutions (un coaching ou une formation, par
exemple) sont deux enjeux importants de l’évaluation.
· Avant de conclure l’entretien, n’oubliez pas de
demander à votre interlocuteur son impression sur ce qui vient d’être dit, histoire
d’être certain d’avoir désamorcé tous les non-dits. Et si des changements ont
été programmés, tenez vos promesses…
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