Comment
communiquer avec une équipe multiculturelle et faire émerger du groupe une
véritable cohérence ? Quelles pratiques très concrètes adopter pour
harmoniser les process sans renier les cultures ? Réponses et conseils pratiques des meilleurs
spécialistes en management et communication interculturels.
Pas question de travailler la porte fermée
Le manager d'une équipe
multiculturelle, plus encore que n'importe quel manager, doit encourager les
échanges au sein de son équipe mais aussi entre ses collaborateurs et lui-même.
Sa capacité de disponibilité et d'écoute doivent être décuplées, notamment en
se rendant particulièrement disponible. Pas question dès lors de travailler
porte fermée. Pour favoriser les échanges, on peut aussi envisager la mise en
place d'un intranet ou d'un forum de discussion électronique.
Les
anglo-saxons sont orientés « data »
Certaines cultures, dites à "faible
contexte", éprouvent le besoin de recueillir beaucoup de données. C'est le
cas des cultures anglo-saxonnes et germaniques qui sont orientées data.
A l'inverse, dans les cultures à "haut
contexte", - c'est le cas des pays latins - les informations sont
communiquées de manière indirecte et suggestive, le but étant de créer une
ambiance, un relationnel, un dialogue.
Si vous envoyez un e-mail à un groupe de
destinataires mêlant ces deux types de cultures, veillez à donner beaucoup
d'informations (ce n'est jamais une erreur) et à soigner les aspects relationnels.
Attention
aux questions fermées avec les interlocuteurs asiatiques
Dans certaines cultures, chinoise et japonaise
notamment, on a souvent du mal à répondre à des questions trop fermées. A la
question "est-ce clair ?", leurs représentants risquent d'acquiescer ou
de sourire même si la réponse est non. Pour ces cultures qui n'ont pas
l'habitude des questionnements directs, il faut se montrer plus rond et
développer d'autres modes d'interrogation qui leur ouvre la possibilité de
contribuer. Plus largement, il faut également garder une 'porte ouverte' dans
sa communication à l'équipe. Par exemple en concluant ses e-mails par un
« n'hésitez pas à me demander des précisions ».
Ne pas
se fier aux apparences
A titre d'exemple, toutes les cultures ne participent
pas autant lors de réunions. On pourra penser d'un Japonais - pour qui écoute
et modestie sont de fortes valeurs culturelles et qui dans ce contexte ne
s'exprimera quasiment pas - qu'il n'est pas motivé ou qu'il ne sait pas montrer sa force de proposition. S'il se sent
en confiance, il va pouvoir, sans se renier lui-même, s'affranchir de sa
culture, prendre plus de risques et ne plus se sentir impoli à l'idée de participer.
C'est dans un climat de confiance que
l'équipe va développer sa culture propre, avec ses règles, ses valeurs, son
éthique.
Préparer
les réunions et répondre rapidement aux e-mails : deux
« must » pour les Anglo-Saxons
Les Latins ne le font que très peu alors que
cela déstabilise beaucoup d'autres nationalités, à commencer par les anglo-saxons.
Il faut donc absolument établir un agenda, lister les points qui seront
abordés, fixer une durée pour la réunion et prévoir de la conclure en
établissant un plan d'action. Quelques jours avant la réunion, il est conseillé
d’envoyer l'agenda aux participants et
éventuellement, de discuter avec eux de son contenu.
Autre malentendu fréquent : en Belgique,
répondre à un e-mail dans de brefs délais ne fait pas partie des habitudes les
plus répandues... Souvent, les Américains s'en plaignent. Et effectivement un
Américain, d'une culture à faible contexte, a besoin d'une réponse claire et
factuelle. Cela fait donc absolument partie des bonnes pratiques à mettre en
place, recommandent les spécialistes.
Sources
Lokahi Interactive
Journaldunet.com
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