mercredi 14 janvier 2015

Le feedback 360° a le vent en poupe

Parmi les différentes techniques d’évaluation utilisées, le feedback à 360° est de plus en plus pratiqué. De quoi s’agit-il ? Ce dispositif recouvre en fait tout un spectre de processus d'appréciation qui vont de 90 à 180 ou 360° selon le nombre et l'origine des interlocuteurs impliqués. L'objectif consiste à réaliser une évaluation du collaborateur à plusieurs niveaux.
 Alors que l'évaluation classique correspond au regard du supérieur hiérarchique direct sur le travail de la personne qu'il encadre, l'évaluation dite "360°" fait intervenir d'autres personnes : les pairs mais aussi les subordonnés voire les clients et les fournisseurs. Les évaluateurs attribuent des notes sur des items très divers : incite ses collaborateurs à prendre des initiatives, pratique l’écoute active, crée un esprit d’équipe, gère bien les conflits… L'objectif est de réaliser un bilan beaucoup plus global de l'activité, de la performance mais aussi des qualités de contact de l'évalué.

A l'origine, la méthode s'appliquait aux managers et aux cadres dirigeants, qui ont très peu de retour sur la façon dont ils sont perçus. Certains ont d'ailleurs rebaptisé le 360° «ego down sizing machine», la machine à réduire l'ego. Mais la méthode s’est banalisée et certains employeurs l'imposent aujourd’hui à l'ensemble des effectifs.

6 principes pour faire bon usage du 360°
Bien maîtrisé, le 360° semble être un outil efficace. Pratiqué à la légère, dans l’urgence ou avec des salariés mal ciblés, il risque de dégénérer au mieux en coup d’épée dans l’eau, au pire, en règlement de compte.  Selon les spécialistes, un bon usage du 360° passe par le respect des principes suivants :


Principe n°1 - S’assurer que le contexte est favorable

Le 360° demande un minimum de stabilité. Les périodes de restructuration, de tension ou de forte croissance ne sont pas propices à l’exercice.

Principe n°2 – Différencier le 360° d’une évaluation classique

Le 360° est un outil de développement personnel. C’est à dire que contrairement aux entretiens d’évaluation, il ne détermine ni les promotions ni les augmentations de salaire.

Principe n°3 – Ne pas en abuser

Il est nécessaire, pour mesurer ses progrès, d’en faire une tous les deux ans mais pas plus, sinon l’impact du procédé s’atténue.

Principe n°4 – Choisir des individus suffisamment autonomes

Seuls les individus dotés d’une forte autonomie sont, en réalité, demandeurs de cette démarche. Le 360° est d’abord un outil de développement : il n’est efficace que si les intéressés veulent progresser.
Principe n°5 – Garantir la transparence

a) Les cadres doivent pouvoir se lancer dans l’opération sans craindre de voir leurs résultats mis en fiche à leur insu par leur employeur.

b) Pratiqué dans le secret ou dans l’anonymat des réponses, comme c’est le cas trop souvent, le 360° peut agir comme une bombe à retardement et être perçu, en coulisse, comme un procédé hypocrite et inacceptable.

Principe n°6 – Traiter intelligemment les résultats

Le 360° agit comme une loupe : il grossit les moindres déficiences. Mieux vaut donc confier le traitement des résultats à des personnes compétentes qui sauront relativiser ce feedback et le présenter de manière constructive.

Les qualités d’un 360° efficace

Pour assurer la précision et l'équité, éléments essentiels à son acceptation et à son efficacité, un bon système de feedback 360º doit présenter les qualités suivantes :

  • être axé sur le développement du personnel;
  • démarrer avec la participation active et engagée de la direction;
  • se fonder sur un questionnaire valide qui reflète les valeurs de l'entreprise; 
  • présenter aux participants un rapport clair, facile à comprendre et à interpréter dont les résultats s'appuient sur des techniques statistiques valides et pertinentes;
  • proposer un processus méthodique d'analyse des résultats conduisant à l'élaboration d'un plan de développement efficace et stimulant;
  • faire l'objet d'un suivi rigoureux qui renforce la mise en œuvre du plan de développement des participants.

Le 360° en pratique
Chaque manager volontaire pour cette observation à 360° se voit remettre une liasse de questionnaires qu'il doit diffuser à son entourage : hiérarchie, collègues, collaborateurs, client. Il doit, bien sûr, répondre lui-même à un questionnaire.
Il n'y a pas de nombre absolu de questionnaires à respecter. Une dizaine permettent en général une évaluation suffisante.




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