Le XXI
siècle a fait de la vitesse et de l’urgence de véritables mythes. Les réseaux
sociaux et leur diffusion d’informations en temps réel changent les règles du
jeu entre les acteurs de l’entreprise et la société en général. Les nouvelles technologies de l’information
annihilent toutes les frontières, y compris entre sphères privées et publiques.
Une impatience chronique voudrait que chaque moment soit productif. Le
développement des pratiques « just in time » a renforcé les
contraintes qui s’exercent sur les salariés. Le besoin quasi fantasmatique de
vacances pour décompresser est un miroir édifiant de notre rythme de vie.
Les limites libèrent…
Pourquoi les cadres adoptent-ils ce rythme et cette charge de travail ? C’est souvent parce que leur tâche n’est pas précisée exactement, qu’ils ne peuvent pas s’arrêter en pensant « maintenant, mon travail est terminé ». Ils sont perpétuellement préoccupés. Ils ne sont jamais complètement libres d’oublier leur activité professionnelle. Ils n’ont jamais le plaisir de savoir, même un instant, qu’il n’y a rien d’autre qu’ils puissent faire. Quelle que soit la nature du travail d’encadrement qu’ils accomplissent, ils peuvent toujours penser que cela irait mieux s’ils en faisaient un peu plus. Ces cadres acceptent les contraintes car ils ont une vision survalorisée d’eux-mêmes. En cause, selon les spécialistes, les partisans du « management by stress » qui auraient tendance à sous entendre qu’ils n’ont font jamais assez, de sorte qu’ils se sentent culpabilisés lorsqu’ils cessent de travailler.
Le
syndrome du toboggan
Travailler sous la pression de délais sans cesse plus courts, en respectant des procédures sans cesse plus contraignantes afin d’atteindre des objectifs toujours plus ambitieux ne motive guère les individus qui ont tous les jours le sentiment de s’installer sur un toboggan. Les journées hachées menu, les coups de téléphone, les rendez-vous, la lecture « en survol » des documents, ne laissent aucun temps ni, ce qui est pire, aucune énergie, pour l’effort qu’exige la mise en ordre des idées. On acquiert l’habitude de réagir à un propos, à une note, à une attitude, à un événement. On perd celle de réfléchir, d’insérer dans un ensemble le fait qui a déclenché le réflexe. On glisse de plus en plus rapidement, de plus en plus adroitement à la surface des choses. On ne raye même plus la glace. Et puis un jour, devant un trou imprévu dans l’horaire, on se découvre incapable d’utiliser ce vide et on prend conscience du sien…
Travailler sous la pression de délais sans cesse plus courts, en respectant des procédures sans cesse plus contraignantes afin d’atteindre des objectifs toujours plus ambitieux ne motive guère les individus qui ont tous les jours le sentiment de s’installer sur un toboggan. Les journées hachées menu, les coups de téléphone, les rendez-vous, la lecture « en survol » des documents, ne laissent aucun temps ni, ce qui est pire, aucune énergie, pour l’effort qu’exige la mise en ordre des idées. On acquiert l’habitude de réagir à un propos, à une note, à une attitude, à un événement. On perd celle de réfléchir, d’insérer dans un ensemble le fait qui a déclenché le réflexe. On glisse de plus en plus rapidement, de plus en plus adroitement à la surface des choses. On ne raye même plus la glace. Et puis un jour, devant un trou imprévu dans l’horaire, on se découvre incapable d’utiliser ce vide et on prend conscience du sien…
Témoignage
Dans mon métier, l’urgence est le nerf de la guerre
« On
me paie pour fournir de l’information financière. J’ai devant moi quatre
ordinateurs branchés sur toutes les bourses du monde entier, deux téléphones,
trois, quatre en cas de besoin, et des montagnes de papier. Lorsque le marché
s’agite, je me mue en véritable ordinateur de bord. Je m’oblige à parler en
compressé, je ne me répète jamais, je donne de l’information dans les grandes
lignes en m’interdisant tout développement. Mais l’exercice me vide
littéralement. J’en sors groggy, sonné. Ces périodes de rush sont souvent de
courte durée mais elles ont des répercussions, y compris sur ma vie privée.
C’est comme si je m’économisais pour ne pas rogner sur ma capacité à stresser.
Dans mon boulot, hors l’urgence, je suis trois ou quatre fois moins efficace.
Je me laisse interrompre sans arrêt quand je ne m’auto-interromps pas pour
scruter l’écran, passer un coup de fil, surfer sur internet. Je commence tout
et je ne finis rien. L’écrit est devenu ma bête noire, parce qu’il demande une
forme d’isolement qui ne fait plus partie de mon mode de fonctionnement. Je
suis devenu un accro à l’urgence. »
Conclusion : apprenons à laisser le temps au temps
« L’homme sage de demain prendra son temps. Un temps long, accompagné de patience et de persévérance, sert à la maturation et au mûrissement des idées, à la prise de recul, à des relances dans des directions nouvelles, à des allers et retours fructueux entre différentes idées. Il offre l’occasion de se situer en dehors de l’action, de comprendre les enjeux d’une situation et d’en trouver le sens. Il s’avère indispensable pour mener les tâches nécessaires à la bonne gestion d’une entreprise, agir et décider à bon escient ».
Conclusion : apprenons à laisser le temps au temps
« L’homme sage de demain prendra son temps. Un temps long, accompagné de patience et de persévérance, sert à la maturation et au mûrissement des idées, à la prise de recul, à des relances dans des directions nouvelles, à des allers et retours fructueux entre différentes idées. Il offre l’occasion de se situer en dehors de l’action, de comprendre les enjeux d’une situation et d’en trouver le sens. Il s’avère indispensable pour mener les tâches nécessaires à la bonne gestion d’une entreprise, agir et décider à bon escient ».
Sources
« Le syndrome de Chronos », D.
Ettighoffer et G. Blanc, Dunod.
« L’art du temps », JL Servan-Schreiber, Fayard.
« Technos mordus, technos exclus », Y. Lafargue, Editions d’Organisation.
« L’art du temps », JL Servan-Schreiber, Fayard.
« Technos mordus, technos exclus », Y. Lafargue, Editions d’Organisation.
Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire