dimanche 4 janvier 2015

Les questions à poser pour (re)donner plus de sens à l’entretien d’évaluation


 L’entretien d’évaluation est, ou devrait être, un moment crucial dans la relation manager-collaborateur. Le but de ce tête à tête, très attendu par les salariés, consiste à faire le bilan de l’année écoulée et à préparer celle qui vient. Seule une bonne préparation vous permettra de retirer un maximum de ce moment de dialogue privilégié. Pour vous y aider, voici les bonnes idées que nous ont soufflées les meilleurs praticiens.
Etablissez une liste de questions
Ne vous fiez pas à votre sens de l’improvisation. Pour être pertinent, vous devez savoir où vous allez. Surtout si au cours de l’année, une grosse erreur s’est produite ou un échec est intervenu. Qui en est véritablement responsable ? Et à quel degré ? Impossible de faire l’économie d’une préparation écrite et circonstanciée. Notez sur une fiche les questions à poser absolument. Elles doivent représenter en moyenne 50% de l’entretien d’évaluation. Tenez-vous en à des interrogations précises. Ce sont les seules dont vous tirerez des réponses concrètes. 

N’éludez pas les ennuis ou les échecs
Prévoyez par exemple de demander :
-       Qu’est-ce qui a fait que le contact se soit rompu ?
-       Comment les choses en sont-elles arrivées là ?
-       Comment le groupe a-t-il réagi ?
-       Quelle impression en avez-vous retiré ?

Songez aussi à interroger votre subordonné sur ses bons résultats de l’année
« Qu’est-ce qui explique que vous avez remporté ce marché ? Que proposait notre concurrent ? Comment avez-vous réussi à respecter les délais ? Aligner ces questions sur papier vous facilitera la tâche. Délivré de la peur du blanc, vous gagnerez en sérénité et en concentration.

Attention ! Un entretien d’évaluation n’est pas un interrogatoire de police
Même si vous abordez des sujets délicats, veillez à conserver un ton neutre et bienveillant. N’enchaînez pas plus de 2 ou 3 questions sous peine de passer pour un inquisiteur et de bloquer le dialogue.  Pensez, de temps à autre, à reformuler en les synthétisant les propos de votre collaborateur.

Commencez par mettre votre interlocuteur à l’aise puis lancez-vous en recourant au tandem de questions : « Qu’est-ce que ? » et « Comment ? ».
La première formule vous éclairera sur le sens que votre collaborateur donne à son job au quotidien, « Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ? » « Quel enseignement avez-vous tiré de la perte de ce client ? Qu’est-ce que vous attendez de vos équipiers ? ».
Le « comment » est davantage axé sur des éléments concrets : « Comment pensez-vous vous y prendre pour renouer le dialogue ?, Comment votre assistante a-t-elle réagi quand vous lui avez annoncé le changement de procédure ? ». Ces formulations  incisives vous apporteront beaucoup d’informations en ne donnant à votre interlocuteur aucun indice sur la réponse escomptée.

Approfondissez grâce aux formules de relance
Lorsque vous commencez à avoir les idées claires, utilisez les questions de relance pour approfondir certains points. Méfiez-vous de la question « Pourquoi ?», très culpabilisante et parfois bloquante. Ne l’utilisez que pour voir jusqu’où votre interlocuteur peut pousser un raisonnement. Pour en savoir plus, procédez de préférence par petites touches : « En quoi ? », « Dans quelle mesure ?, « En quel sens ? », « Dans quel cas ? », ou encore « Par rapport à quoi ? ». Ces tournures sont très peu utilisées par les managers souvent pressés d’aller droit au but. Pourtant, grâce à elles, votre collaborateur aura l’impression d’être écouté et vous fournira spontanément davantage de détails.

Servez-vous des questions « miroir » pour préciser les points qui vous semblent importants
Il s’agit de rebondir à partir des réponses de votre interlocuteur pour l’inciter à préciser sa pensée ou à développer ses idées. « La concurrence est rude actuellement sur les prix ! » « Sur les prix ? » « La présentation m’a déçu. » « Déçu ? »

Terminez l’entretien en posant des questions fermées
Les questions fermées sont celles auxquelles on ne peut répondre que brièvement. Mieux vaut y recourir à la fin de l’entretien, car posées trop tôt, elles bloqueraient le salarié en le poussant dans ses retranchements. Mais elles s’avèrent précieuses pour sortir du flou. Si votre interlocuteur vous dit « Cela m’a pris un temps bête ! », n’hésitez pas à lui demander  « Combien ? ». Recourez à tous les pronoms, adverbes et conjonctions de votre répertoire : qui, quoi, quand, où, lequel, combien. Les questions fermées sont aussi indispensables pour valider la perspective d’une promotion. « Cela vous intéresse-t-il d’accéder à cette nouvelle fonction ? ». Seul un oui ou un non vous permettra d’évaluer la décision à prendre.


Source :
Management n°139
« L’entretien d’évaluation », Jacques Teboul, Dunod
 « Conduire vos entretiens d’appréciation », Brigitte Sivan, Insep Consulting





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